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Maître Bruno de Montcorbier

1995, Théâtre de la Mainate, 36 rue Bichat à Paris. Un spectacle intitulé Un jour, tu verras. Premier contact avec Maître Bruno Daraquy. Du style, du cœur, de la finesse. Peu après, le chanteur quitte la capitale. Les années passent, on se perd de vue.

Pas d'étonnement lorsque, des années après, j'entends à nouveau son nom du côté de chez Couté. Où je vais l'écouter. Scotchée chaque fois par sa vérité, une justesse qui, à certaines heures, atteint la perfection. C'est-à-dire qu'on y est. Voix et sensibilité fondues dans l'espace ouvert par les mots, le cœur de l'auteur est là qui palpite, gorgé de soleil en fusion.

Et puis vient Villon.

On annonce "une biographie musicale et illustrée du plus moderne et turbulent poète du Moyen Âge". Un album puissamment illustré par Jean-Pierre Joblin accompagne l'aventure.

Pour celle qui tient la Ballade des Pendus pour le maître poème de la langue française, la visite s'impose. Ce sera au théâtre Clavel, à Paris, le 12 novembre 2017. Les chansons d'une comédie musicale à venir, sur la vie de Villon. Pour l'heure, aucun décor, une guitare, des percussions, et dans la rousse lumière d'une geôle moyenâgeuse apparaît Maître François, les cheveux en gorgones, vêtu d'ocre pauvre. Guitare lancinante, voix râpeuse, ronde et charnue, le maître texte donne le ton. Tous nous prions que Dieu nous veuille absoudre.

Les textes de Joblin mis en musique par Malto essaiment du Villon dans le corps de Bruno. La nuit, les amoureuses, l'exclusion, les tavernes. Oreilles chastes s'abstenir ! Tout y est, servi par la sensuelle crudité d'un vocabulaire choisi dont on se demande ce qu'il serait sans cette incarnation hors pair. Bon comédien, Bruno Daraquy ? On peine à l'exprimer ainsi. Il ne joue pas, il se dédouble, il est Villon, brut et saignant, avec ce petit sourire en coin qui dit si bien comme il s'amuse, craque et rugit tant dans ses tripes que sous nos yeux.

Comme pour Couté, le miracle a lieu : au creuset de l'alchimiste fondant tous ces ingrédients, langue, voix, musique, geste et sensibilité, Bruno nous ouvre l'espace Villon où, le temps d'un spectacle, nous frémissons dans la chair sublimée de la vie.

Lyrique ? C'est pourtant ce qu'on emporte. Un espace en nous un peu plus large, plus étoilé, plus vibrant. Le miroitement de la Vie suprême. Et de la poésie, qu'attendre d'autre ?

Marie Volta - Décembre 2017

Basse/Batterie : Thomas Garrigou-Costa - Guitare et arrangements : Laurent Bézert

Photos Laurence Kleinberger

Restez attentifs ! Il est question que Bruno Daraquy présente son Villon lors des prochaines Journées Couté, en septembre 2018, dans la prison de Meung-sur-Loire où le Maître de Montcorbier écrivit son texte le plus connu en attendant d'être pendu (mais il ne le fut pas, du moins cette fois-là) !

Corps à cœur - Le site

Livre illustré et extraits des titres

Avec l'aimable autorisation de Bruno Daraquy, à l'écoute :

Ballade des pendus (Villon/Malto) / Rencontre avec Bruno Daraquy

Album illustré et CD / Et pour le commander, c'est ici !

Article 15 © La Petite Marguerite

Photos Laurence Kleinberger

Photos Laurence Kleinberger

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